PIERRE NADEAU, JOURNALISTE SPORTIF MAXIME PROVENCHER ET LE HOCKEY

Par : ( Février 2016 )
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ÉVASION

Si Maxime Provencher avait eu le choix, il aurait fait une carrière au hockey en tant que joueur, mais le destin en a décidé autrement et c’est comme physiothérapeute de l’Océanic de Rimouski qu’il poursuit sa route dans le monde du hockey. Sélectionné par les Huskies de Rouyn-Noranda en 2005 alors qu’il évoluait pour les Commandeurs de Lévis au hockey midget AAA, il a été échangé un an plus tard aux Saguenéens de Chicoutimi où il a évolué deux ans avant de terminer son stage junior dans l’uniforme des Islanders de Charlottetown comme joueur de 20 ans.

« Idéalement, je voulais jouer au hockey, mais je ne savais pas comment ç’a allait se passer », affirme celui qui pendant son séjour à Chicoutimi a côtoyé David Desharnais et Alexandre Roussel qui font leur chemin dans la Ligue nationale de hockey avec le Canadien de Montréal et les Stars de Dallas respectivement. 

Malheureusement, les blessures ont fait en sorte que tout ne s’est pas déroulé comme il l’aurait espéré. Trois commotions cérébrales dans l’intervalle d’un an l’ont forcé à prendre une autre direction. « Je ne savais même pas si j’étais pour être capable de rejouer dans un calibre de haut niveau et d’encaisser une mise en échec. » Il a reçu une invitation pour participer à un camp des Cyclones de Cincinnati de l’East Coast Hockey League (ECHL) qu’il a déclinée. « Je ne me sentais pas capable de le faire. »

S'il y a un regret, c’est bien celui ne pas s’être assez protégé pendant ses années juniors. « J’avais une qualité que mes entraîneurs aimaient bien, celle d’être le premier sur la rondelle, mais à quel prix. J’avais des comportements sur la patinoire où je m’exposais à des risques que je n’étais pas obligé de subir pour jouer dans cette ligue. Je suis probablement celui qui a joué au hockey junior et qui a reçu le plus de mises en échec par match », de dire l’ancien défenseur âgé aujourd’hui de 27 ans. 

Mais comme les études ont toujours été une priorité même en jouant au hockey, ç’a été moins difficile de se trouver un nouveau métier. « C’était la raison pourquoi ma mère m’a permis de quitter le nid familial à l’âge de 15 ans pour jouer midget AAA », a-t-il avoué. D’ailleurs, il a failli faire avorter la transaction l’envoyant à l’Île-du-Prince-Édouard en compagnie du gardien Bobby Nadeau. « Nous voulions terminer notre diplôme d’études collégiales, mais comme il n’y a pas de cégep là-bas et que les cours qui nous restaient à faire ne se donnaient pas à distance, on a dit qu’il n’était pas question si on ne pouvait pas aller à l’école. On nous a permis de terminer nos cours à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et qui ont pu être crédités pour l’obtention de notre diplôme d’études collégiales. »

S’il a opté pour la physiothérapie, c’est que le domaine de la santé est quelque chose qui l’a toujours intéressé à la base, mais aussi pour la relation d’aide. Il se rappelle que c’était son choix de carrière en secondaire 5. « Quand quelqu’un vient te voir, c’est parce qu’il a un problème et ton devoir, c’est de l’aider. Cette relation d’aide, j’adore ça », mentionne le diplômé de l’Université Laval. S’il a choisi cet endroit pour étudier, c’est pour une raison bien spéciale. « J’ai opté pour un endroit où il n’y avait pas de hockey afin de ne pas être tenté de m’inscrire. »

C’est par un concours de circonstances s’il s’est retrouvé avec l’Océanic de Rimouski. Pendant ses études, il avait été engagé comme physiothérapeute par le Séminaire St-François (midget AAA). L’entraineur-chef Martin Plante avait été remercié en cours de saison et remplacé par Serge Beausoleil. Ce dernier s’est retrouvé par la suite à Rimouski et l’a contacté pour venir l’aider quand le soigneur de l’équipe a dû s’absenter pendant une dizaine de jours. La saison suivante, il s’est retrouvé à temps plein avec cette formation qui a remporté la Coupe du Président en mai 2015. « J’aurais aimé la gagner en tant que joueur, mais j’ai vécu un moment indescriptible », laisse tomber celui qui avait gagné en 2005 la coupe Jimmy-Ferrari avec les Commandeurs de Lévis.

Ayant subi quelques commotions cérébrales, son travail avec l’Océanic l’amène-t-il à les traiter différemment ? « J’ai une certaine prudence, mais la commotion ne se traite pas différemment. Avec mon expérience vécue, c’est plus d’apporter des arguments au joueur qui n’est pas d’accord avec la façon dont sa situation va être gérée au niveau du traitement. » 

Le rôle d’entraîneur d’une équipe de hockey est une autre facette qui lui plaît. Il a été entraîneur adjoint avec les Filons de Thetford à l’époque du junior AAA. Il avait également postulé pour le poste d’entraîneur-chef avec le Séminaire St-François, quand celui-ci était devenu vacant, mais sa candidature n’avait pas été retenue. Il a quand même vécu une expérience d’adjoint avec Bryan Lizotte, qui avait obtenu l’emploi, et Frédéric Parent qui le secondait. 

Maxime Provencher sera toujours proche du monde du hockey. Il a deux petites entreprises, SciencePerfo et EEE 360, qu’il a fondées avec des amis et qui œuvrent sur le plan du hockey. « Le hockey et au centre de tout et j’aurais de la misère à m’en dissocier », lance-t-il en terminant.

 

Pierre Nadeau, journaliste sportif Maxime Provencher et le hockey