GHYSLAIN ROUSSEAU ENSEIGNE AUX GARDIENS DE BUT

Par : Pierre nadeau ( Décembre 2017 )
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ÉVASION

Ghyslain Rousseau est présentement l’entraîneur des gardiens de but des Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Mais avant d’en arriver là, il a joué son hockey mineur à Thetford Mines avant de protéger le filet pendant une saison chez les Commandeurs de Lévis dans le circuit midget AAA.

En 1999, le Drakkar de Baie-Comeau le sélectionne en 13e ronde, ce qui ne l’a pas dérangé. « Je ne savais pas trop à quoi m’attendre à ce moment-là. L’important pour moi, c’était d’être repêché. L’équipe et la ronde n’avaient aucune importance. J’étais le gars le plus heureux, autant que celui choisi en troisième ronde. » Malgré un rang aussi tardif, il n’a jamais pensé qu’il ne pourrait pas évoluer au hockey junior. « Je m’étais dit que j’allais m’entraîner et qu’en arrivant là, j’allais savoir si j’étais de calibre ou pas. Au cours de l’été, je m’étais entraîné fort et j’étais arrivé prêt au camp du Drakkar », avoue celui qui a reçu l’aide d’Éric Turmel et Yvon Bélanger.

Il s’est dit chanceux parce que l’organisation ne comptait sur aucun gardien numéro un établi. « Il y avait Patrick Chartier qu’on avait choisi en troisième ronde la même année que moi et qui avait connu un excellent camp. Au début, je croyais que je me battais contre lui, mais plus que ça allait, je me rendais compte que je me battais contre les deux vétérans de 19 ans. » Sa première saison a été exceptionnelle en étant élu sur l’équipe d’étoiles des recrues. « J’ai été coupé pendant le camp, mais je suis resté une semaine de plus avec l’équipe. Après deux parties, j’étais le gardien numéro un. Après deux mois, j’étais classé Ligue nationale. » Cette première année junior demeure son plus beau souvenir avec son repêchage dans la LNH.

En juin 2000, les Sabres de Buffalo en ont fait un choix de 4e ronde. S’il était à la bonne place au bon moment à Baie-Comeau, ce fut tout le contraire avec les Sabres. « Je me retrouvais derrière Dominic Hasek, Martin Biron, Ryan Miller qui venait de signer un contrat et Mika Noronen, leur meilleur prospect dans la Ligue américaine, mais qui n’a jamais été capable de s’établir dans la LNH. J’étais cinquième dans la hiérarchie de l’équipe, ce qui n’est pas idéal pour un gardien. »

Originaire du secteur Back Lake à Thetford Mines, Ghyslain Rousseau a connu un premier camp professionnel difficile. « À 18 ans, je manquais de maturité. Passer du junior majeur au calibre professionnel, c’était trop et je ne parlais pas anglais. Autant c’était impressionnant, autant c’était difficile. » Son second a été meilleur. « Jusqu’à la période des Fêtes cette année-là, mon agent m’avait mentionné que les chances que je signe un contrat avec eux étaient bonnes. » 

Sauf qu’il n’a jamais pu s’entendre avec l’équipe et que sa deuxième année junior a été plus ardue. « On est allé chercher David St-Germain, un gardien de 19 ans qu’on a continué d’employer l’année suivante de sorte que je me suis retrouvé second. Ce fut une année très difficile. On me conseillait de demander une transaction, mais je savais qu’on serait bon l’année suivante avec un club arrivé à maturité. »

Il conserve un goût amer de sa dernière année d’éligibilité au hockey junior. « Je ne voulais pas retourner à Baie-Comeau, mais on refusait de m’échanger à une autre équipe. Avoir eu une belle année à 20 ans, ça aurait pu m’aider. Je suis toujours resté amer de cette année parce que je me suis retrouvé dans le junior A et j’ai terminé la saison à Oklahoma City dans le professionnel mineur. À 21 ans, j’ai participé à un camp dans la Ligue américaine à Quad City. J’ai été retranché et j’ai décidé de revenir pour évoluer dans la LNAH. » 

Avec le recul, il aurait aimé être repêché par une autre organisation que celle des Sabres. « Michel Dumas, dépisteur pour l’organisation des Black Hawks de Chicago à l’époque, m’avait dit qu’il était content pour moi, mais que j’étais sur leur liste en sixième ronde. J’aurais été mieux à Chicago où ils ont eu une pénurie de gardiens pendant des années. J’aurais peut-être pu signer avec eux et ils auraient pu prendre une chance et m’évaluer. »

À son retour au Québec, il a rencontré Brian Lizotte avec lequel il a travaillé au niveau midget espoir et midget AAA et ce fut le début d’une nouvelle carrière. « J’aimais aider les jeunes et en travaillant avec Brian, j’ai eu le goût de m’investir et c’est comme ça que ça s’est développé », explique celui qui a rangé ses grosses jambières depuis quatre ans.

Aujourd’hui, il s’occupe des gardiens des Remparts de Québec. « Ce qui me plait dans mon travail, c’est d’aider les gardiens dans leur cheminement pour qu’ils aient une belle carrière junior et passer chez les professionnels ou autre. Chez les juniors, on a la chance de travailler avec eux pendant deux ou trois ans et c’est plus facile d’avoir une belle relation », indique l’entraîneur qui dirige Derrick Baribeau qui vient de signer un contrat avec le Wild du Minnesota et qui a côtoyé Callum Booth présentement dans l’organisation des Hurricanes de la Caroline. 

Pour l’instant, il n’ambitionne pas d’occuper un poste semblable avec une équipe professionnelle. « C’est vraiment une chance que j’ai de travailler pour les Remparts de Québec, une organisation prestigieuse. Peut-être qu’avec le temps, une occasion pourrait se présenter, mais je n’ai pas d’attente. »

 

Ghyslain Rousseau enseigne aux gardiens  de but