ANTOINE LEHOUX : UNE ÉTOILE MONTANTE AU HOCKEY SUR LUGE

Par : Pierre Nadeau ( Juillet 2016 )
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ÉVASION

Le destin d’Antoine Lehoux a basculé le 11 novembre 2012. Celui qui était membre des Forces armées canadiennes à titre de réserviste au Régiment de la Chaudière prenait place à bord d’un autobus qui conduisait le groupe à une cérémonie pour souligner le jour du Souvenir. Les conditions météo n’étaient pas excellentes cette journée-là et le véhicule engagé sur la route 108 a dérapé tout près de Beauceville. 

Conséquence : Antoine Lehoux est projeté au travers d’une fenêtre et sa jambe droite est écrasée. Le jeune homme, qui vient à peine de célébrer ses 19 ans, reste emprisonné pendant 75 minutes avant qu’on puisse le dégager de sa fâcheuse position, mais sa jambe est très amochée. « J’aurais pu la garder, mais j’aurais eu une jambe qui ne fonctionnait plus à partir du genou. Comme je n’aurais pas pu marcher avec ma jambe, j’ai décidé de la faire amputer », indique Antoine.

Un choc pour celui qui pratiquait plusieurs sports, ce qui l’a forcé à faire de nombreux deuils. « Les premières journées, tu penses que ta vie est foutue, que tu ne travailleras plus, que tu ne feras plus de sports, que c’est la fin, ce qui n’est pas le cas. C’est dur sur le moral et c’est frustrant. Mais plus tu avances dans ta réadaptation, plus tu fais des deuils. Une fois que ces deuils sont faits, tu peux commencer à avancer », affirme le jeune homme maintenant âgé de 22 ans qui admet avoir mis une bonne année à accepter ce qui lui était arrivé, soit jusqu’au moment où il a pu bien marcher avec sa prothèse.

Aujourd’hui, malgré ses limitations, Antoine Lehoux continue de faire du sport. Il a fait la découverte du hockey sur luge quelque mois après son accident. « Je ne savais pas que ce sport existait », dit-il. C’est pendant son séjour en réadaptation au Centre François-Charron qu’il a été invité par Gaétan Bouchard, lui aussi un membre des Forces armées qui avait perdu une jambe lors d’une mission en Afghanistan. « Il est venu me voir pour me parler du hockey sur luge et il m’a invité à me joindre à eux sur la base à Val-Cartier », se rappelle Antoine qui a accepté l’invitation.

Sa première expérience fut pour le moins difficile. « C’est beaucoup de coordination. Contrairement au hockey, où tu avances avec tes pieds et tu joues la rondelle avec tes mains, là, il faut que tu fasses tout avec tes mains. La première des choses, c’est d’apprendre à avancer. » 

C’est sous l’insistance de Dominic Larocque, un autre militaire qui avait perdu une jambe en Afghanistan, qu’il a persisté. « Après la première fois, ça ne me tentait pas d’y retourner. J’avais passé l’entraînement à tomber sur la glace. Mais Dominic, qui était dans l’équipe nationale, m’a passablement motivé. Il avait perdu sa jambe au même âge que moi et j’ai pris exemple sur lui. » 

Depuis deux ans, Antoine Lehoux est membre de l’équipe de développement et son objectif est d'adhérer au rang de l’équipe nationale et de participer aux Jeux paralympiques de 2018 à Pyeongchang en Corée du Sud. 

Celui qui évolue également sur l’équipe du Québec peaufine présentement sa préparation en vue du camp d’entrainement d’une semaine à Calgary en août et pour le camp de sélection prévu un mois plus tard. « Il faut faire ses preuves aux deux places, mais c’est en septembre que tu sais si tu es sélectionné. » Mais s’il ne parvient pas à convaincre les dirigeants de lui faire une place, il pourra se réessayer en 2017. « Ta place n’est jamais assurée. Su tu ne fais pas le travail, ils peuvent te remplacer à quelques mois de l’événement. » 

La tâche la plus compliquée pour le hockeyeur originaire d’Adstock est au niveau de l’entraînement sur glace. « Comme le calibre est peu élevé au Québec, je dois me rendre à Montréal pour m’entraîner. Je pourrais aller à Sherbrooke ou à Québec, mais le calibre n’est pas assez fort. 

Au cours de la dernière année, la Ville de Thetford Mines lui a offert gratuitement deux temps de glace à l’aréna du secteur Black Lake. La plupart du temps, je m’entrainais seul où mon père et mon frère se joignaient à moi pour placer les cônes et faire des passes. C’est sûr que ça travaille les habiletés, mais pour la situation de jeu, c’était plus difficile », de dire celui qui joue à l’aile gauche, mais qui pourrait évoluer en défensive. « Je vais aller où ils vont me dire d’aller. Sur l’équipe nationale, on recherche des joueurs qui sont capables d’évoluer à toutes les positions », ajoute-t-il.

Avant son accident. Antoine Lehoux étudiait en forage et dynamitage à Sherbrooke. Il a été forcé de réorienter sa carrière et il vient de terminer ses études en dessin de bâtiment au Centre de formation Le Tremplin. À la recherche d’un emploi, il aimerait bien pouvoir démarrer sa propre entreprise, mais en attendant, il se concentre sur sa carrière en hockey sur luge avec comme objectif premier de remporter une médaille aux Jeux paralympiques en 2018.

 

Antoine Lehoux : une étoile montante au hockey sur luge