ALEXANDRE GOULET À LA CROISÉE DES CHEMINS

Par : Pierre Nadeau ( Février 2017 )
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ÉVASION

Alexandre Goulet complétera dans quelques mois son stage au hockey junior avec les Tigres de Victoriaville. Évoluant comme joueur de 20 ans avec la formation des Bois-Francs, il ne sait pas encore ce que le hockey lui réserve, mais une chose est certaine, il aspire encore à la Ligue nationale. « C’est encore possible. Il y a plein de joueurs de 20 ans dans le passé qui ont signé des contrats. Si ça n’arrive pas, il y a des offres pour le hockey universitaire ou peut-être du côté de l’Europe. Pour le moment, je dois me concentrer sur ma deuxième moitié de saison et on verra ce qui va se passer. »

Sa carrière aurait pu prendre un tournant différent en juin 2014 si une équipe avait osé le choisir lors du repêchage annuel de la LNH. Classé au 65e rang parmi les patineurs nord-américains par la Centrale de recrutement de la LNH, il n’a jamais entendu son nom résonner aux quatre coins du Wells Fargo Center de Philadelphie où il s’était rendu. Ça demeure à ce jour sa plus grande déception. « C'est quelque chose qui n’est pas facile à digérer, avoue-t-il. J’étais très bien répertorié et j’avais eu des rencontres avec une vingtaine d’équipes. Je m’attendais à être repêché et ce fut difficile à accepter. »

Mais le fait de repartir avec une invitation pour participer au camp des recrues du Canadien de Montréal a mis un léger baume sur sa blessure intérieure. Par la suite, il a été invité à participer au camp des Devils du New Jersey en 2015 et des Coyotes de l’Arizona en 2016 sans jamais pouvoir faire sa place. « C’est une question de timing. Au New Jersey, ça avait très bien été, mais leurs joueurs détenaient déjà tous des contrats de la Ligue américaine. Ce fut un peu la même chose en Arizona où ils avaient fait des échanges, ce qui rend les choses plus difficiles. »

Originaire de Disraeli, Alexandre Goulet a chaussé les patins pour une première fois à l’âge de deux ans, mais sa passion pour le hockey ne s’est jamais démentie depuis qu’il a commencé à jouer à six ans. « Il y avait déjà un an que mes amis jouaient au hockey. Je voulais jouer et j’ai insisté auprès de me parents pour qu’ils m’inscrivent et j’ai tripé dès le début et ça n’a jamais lâché. J’ai toujours eu la passion de continuer et de franchir les étapes. »

Il a joué son hockey mineur à Thetford Mines pendant trois ans avant de faire le saut avec les Élites Beauce-Appalaches au niveau AA dans les catégories peewee et bantam. Il s’est ensuite aligné pendant deux saisons avec les Commandeurs de Lévis midget AAA. Après une première campagne de 14 points, il en a accumulé 59 la saison suivante. « C’était une question  d’adaptation. La première année, j’étais en pension et j’étais loin de chez moi à Lévis. Je n’avais jamais connu l’éloignement. À ma première année, ça n’a pas été comme je le voulais, mais à ma deuxième année, je savais à quoi m’attendre », a-t-il mentionné pour expliquer le succès qu’il a connu à sa deuxième saison.

Au hockey junior, il a commencé sa carrière dans l’uniforme des Islanders de Charlottetown. Sauf que les dirigeants de la formation des Maritimes, qui tenaient à lui, ont été dans l’obligation de faire une transaction afin de pouvoir le choisir en première ronde lors de la séance de repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec de 2013. Comme ils avaient misé sur Daniel Sprong avec leur première sélection, ils ont transigé parce qu’ils ne parlaient par la suite qu’en troisième ronde. C’est ainsi qu’il est devenu le tout dernier choix de cette ronde initiale, 19e au total, ce qui lui a valu une visite sur l’estrade principale réservée aux choix de première ronde.

D’ailleurs, il n’a pas oublié ce beau moment. « C’est très agréable de voir une équipe qui transige pour venir te chercher. Ça démontrait à quel point ils étaient intéressés à moi. C’est un souvenir que je me rappelle comme si c’était hier. Je ne pensais pas que j’étais pour être le dernier choix de cette première ronde étant donné que j’étais classé au 22e rang, troisième choix de la deuxième ronde », dit-il.

S’il pensait à l’époque aboutir à Victoriaville, son souhait s’est réalisé en décembre 2015. « Je ne m’attendais pas d’être échangé à 19 ans. Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais chez nous à Disraeli et de me retrouver à Victoriaville à 45 minutes de chez moi, je ne pouvais demander mieux. Ça me permet de voir plus régulièrement ma famille et mes amis », admet celui qui à 20 ans joue le rôle de mentor auprès des plus jeunes joueurs des Tigres cette saison.

Avec les Félins, Alexandre Goulet connaît sa meilleure saison au hockey junior. Au rythme où il accumule les points en compagnie de James Phelan et de la recrue russe Ivan Kosorenlov, il pourrait bien atteindre le plateau des 90 points, ce qui serait un sommet pour lui. Mais ce qui importe le plus à ses yeux, c’est de mener son équipe à la Coupe du Président. Ça terminerait d’une belle façon sa carrière junior.

 

Alexandre Goulet à la croisée des chemins